cybersecurite

Fin du support Windows 10 : ce que les établissements scolaires doivent faire avant octobre 2026

Publié le 20 octobre 2025
Lecture 4 min

Depuis le 14 octobre 2025, Windows 10 ne reçoit plus aucune mise à jour de sécurité. Pour les établissements scolaires, c’est une bombe à retardement : selon l’ANSSI, 68% des postes administratifs du secteur public fonctionnaient encore sous Windows 10 début 2025. Grâce à une mesure européenne, un sursis d’un an a été accordé avec des mises à jour de sécurité étendues (ESU) gratuites — mais ce répit expire en octobre 2026. Il est temps d’agir.

Pourquoi c’est un problème critique pour les écoles

Un poste sous Windows 10 sans correctifs de sécurité, c’est une porte ouverte aux cyberattaques. Chaque nouvelle vulnérabilité découverte ne sera plus corrigée par Microsoft — et les attaquants le savent. Dans un contexte où les cyberattaques contre les établissements scolaires ont explosé ces dernières années (l’Opération Cactus 2026 a révélé que 12% des utilisateurs d’ENT cliquent sur des liens de phishing), maintenir des postes non patchés revient à laisser les fenêtres ouvertes en pleine tempête.

Les risques concrets pour un établissement scolaire sont multiples : compromission des données personnelles d’élèves mineurs, ransomware paralysant l’accès aux notes et à Pronote, propagation de malwares sur le réseau interne, et non-conformité RGPD en cas de fuite de données.

Le vrai problème : Windows 11 ne tourne pas sur tous les postes

Si la migration vers Windows 11 était un simple clic, le problème serait résolu. Mais Windows 11 exige un processeur récent et une puce TPM 2.0 — des composants absents de la majorité des machines de plus de 5 ans. Or, dans les établissements scolaires, le renouvellement du matériel suit des cycles longs dictés par les budgets des collectivités. Résultat : une grande partie du parc est tout simplement incompatible.

À l’échelle mondiale, on estime entre 400 et 800 millions de PC concernés. Pour une école équipée de 100 postes, il n’est pas rare que 40 à 60 machines ne puissent pas recevoir Windows 11 — des postes pourtant parfaitement fonctionnels pour un usage bureautique et pédagogique.

Les options concrètes pour les établissements

Activer les ESU gratuites européennes : c’est la première chose à faire si ce n’est pas déjà fait. La Commission européenne a imposé à Microsoft la prolongation gratuite d’un an des mises à jour de sécurité pour Windows 10 dans l’UE. Ce sursis court jusqu’en octobre 2026 — c’est le temps qu’il vous reste pour planifier la suite.

Auditer le parc pour identifier les postes compatibles Windows 11 : avec un outil de gestion de parc comme WAPT, vous obtenez en quelques minutes l’inventaire complet de votre parc — processeur, version du BIOS, présence de la puce TPM 2.0. Vous saurez immédiatement quels postes migrer, lesquels upgrader (un ajout de RAM ou SSD peut suffire) et lesquels remplacer.

Migrer les postes compatibles vers Windows 11 : pour les machines éligibles, la migration peut être déployée de manière centralisée pendant les vacances scolaires. Un déploiement progressif — par salle, par bâtiment — permet de valider la compatibilité des logiciels pédagogiques avant de généraliser.

Prolonger la vie des postes incompatibles : pour les machines trop anciennes pour Windows 11 mais encore fonctionnelles, plusieurs pistes existent. L’installation d’une distribution Linux légère (comme Ubuntu LTS) avec les logiciels pédagogiques compatibles peut prolonger la durée de vie de 3 à 5 ans. C’est aussi un levier de sobriété numérique que de nombreuses collectivités commencent à explorer.

Planifier le renouvellement avec la collectivité : pour les postes à remplacer, le dialogue avec la mairie, le département ou la région doit s’engager dès maintenant. Les budgets d’investissement se planifient des mois à l’avance. Un dossier chiffré — nombre de postes, coût unitaire, risques sécuritaires documentés — facilite considérablement l’arbitrage budgétaire.

Comment gérer la migration sans perturber les cours

La migration de dizaines ou centaines de postes représente un projet logistique conséquent. Voici la méthode que nous appliquons pour nos clients du secteur éducatif.

Phase 1 — Audit et planification (mai-juin) : inventaire automatisé du parc, identification des postes compatibles, des logiciels à tester, et chiffrage du plan de migration. C’est aussi le moment de recueillir les besoins logiciels auprès des enseignants pour la rentrée suivante.

Phase 2 — Tests et validation (juin) : migration d’un échantillon de postes par salle. Validation de la compatibilité des logiciels pédagogiques (GeoGebra, Scratch, suites bureautiques, logiciels de simulation), des périphériques (imprimantes, vidéoprojecteurs, TNI) et des accès réseau.

Phase 3 — Déploiement massif (juillet-août) : migration de l’ensemble du parc pendant les vacances d’été, avec déploiement centralisé des logiciels et configurations. Consultez notre checklist de préparation de rentrée IT pour ne rien oublier.

Phase 4 — Recette et support (septembre) : vérification post-rentrée, correction des derniers ajustements, et support renforcé pendant les premières semaines.

Ne pas attendre octobre 2026

Le sursis ESU européen est une chance, pas une excuse pour reporter. Octobre 2026, c’est dans quelques mois — et les vacances d’été sont la dernière fenêtre réaliste pour mener une migration à grande échelle sans impacter les cours.

Chez AXALYS, nous accompagnons les établissements scolaires d’Île-de-France et des Hauts-de-France dans cette transition : audit du parc, plan de migration, déploiement centralisé via WAPT, et support continu. Si vous n’avez pas encore de plan pour vos postes Windows 10, contactez-nous pour un audit gratuit — il est encore temps d’agir sereinement.